Vous avez une hypothèque, et comme bien des gens, vous pensez sûrement que les intérêts que vous payez n’apportent rien d’autre qu’une dépense de plus chaque mois.
Mais dans certains cas précis, il est possible de transformer une partie de ces intérêts en déduction fiscale. Pas parce que votre maison est spéciale, mais plutôt en raison de ce que vous avez fait avec l’argent emprunté sur l’équité de la maison.
C’est l’usage des fonds qui compte, pas la maison
Voici l’idée de base : si vous empruntez de l’argent et que vous l’investissez dans quelque chose qui peut générer un revenu (comme dans un compte non enregistré), les intérêts liés à cette portion peuvent être déductibles de vos impôts.
Vous n’avez pas besoin d’utiliser 100 % du montant pour investir. Même si c’est une portion seulement, vous pouvez tout de même réclamer une partie des intérêts — à condition de pouvoir prouver l’utilisation.
Par exemple…
Supposons que vous refinancez votre propriété pour libérer 200 000$. Vous utilisez 120 000$ pour faire des placements, et 80 000 $ pour des rénovations. Dans ce cas, 60 % des intérêts de ce nouveau prêt pourraient être admissibles comme déduction.
Et si vos placements baissent? Ce n’est pas un problème. Ce qui compte pour les autorités fiscales, c’est l’intention de générer un revenu, pas le résultat.
Quelques règles importantes
- N’investissez pas dans un REER ou un CELI avec cet argent car les intérêts ne seront pas déductibles.
- Gardez les fonds séparés dans un compte clair, pour prouver leur destination.
- Si vous retirez des sommes ou remboursez une partie du prêt, vous devrez réajuster la proportion déductible.
Une stratégie qui demande réflexion
Ce genre de démarche n’est pas faite pour tout le monde. Il faut être prêt à vivre avec un certain niveau d’incertitude car les rendements ne sont pas garantis. Il faut aussi être organisé pour bien documenter le tout, surtout si jamais votre dossier est examiné.
Mais si vous cherchez des façons de maximiser votre situation financière, c’est une option méconnue, mais puissante.
Parlez-en avec votre conseiller. Il pourrait y avoir, dans votre propre prêt hypothécaire, une stratégie que vous n’aviez pas vue venir.
Ouvrir un compte séparé, c’est une bonne idée
Pour éviter les maux de tête, l’idéal est d’avoir un compte distinct pour l’argent investi. Séparez clairement les fonds destinés à l’investissement des autres dépenses. Cela facilitera le suivi et la traçabilité.
C’est légal… mais ce n’est pas pour tout le monde
Cette stratégie peut être payante, surtout sur le long terme. Cependant, elle comporte aussi des risques. Il faut avoir une certaine tolérance aux fluctuations du marché, et être prêt à suivre ses affaires de près. Ce n’est pas une solution magique, mais c’est une option à considérer pour ceux qui veulent faire travailler leur argent.
Avant de vous lancer, parlez-en à un spécialiste. Un bon conseiller pourra évaluer si cette approche est adaptée à votre situation et à vos objectifs.