Aider votre enfant à acheter : le bon geste, au bon moment

Auteur : Sammy Zakem
Temps de lecture : 5 min

Devenir propriétaire demeure, pour de nombreux jeunes adultes, un objectif important mais de plus en plus difficile à atteindre. Avec l’augmentation accrue des prix, la médiane pour une maison unifamiliale au Québec est projetée à 520 000$ en 2026, soit une augmentation de 6% comparé à l’année dernière. À titre comparatif, elle était d’environ 233 000$ en 2016, ce qui reflète une hausse de 123% en 10 ans! Dans ce contexte, de plus en plus de premiers acheteurs se tournent vers leurs parents pour obtenir un coup de pouce. 

Avant d’aider, posez-vous deux questions essentielles : 1- Avez-vous réellement les moyens? Ou 2- Connaissez-vous les différentes façons de le faire? 

Voici les cinq démarches à prendre en considération pour répondre à ces deux questions : 

 

 

1. Louer ou acheter : La réelle question 

 

Ce n’est pas parce que vous aviez l’objectif de devenir propriétaire à son âge que votre enfant partage le même avis. Dans certains cas, louer c’est d’acheter une certaine liberté et tranquillité d’esprit qui peut avoir plus de valeur qu’un toit que l’on possède sur papier. Veuillez consulter cet article Faut-il vraiment devenir propriétaire? afin de cerner les avantages lorsqu’on achète ou loue une maison. Une discussion avec votre enfant devient alors très importante. 

 

 

2. Avez-vous réellement les ressources pour l’aider ? 

 

Le geste est généreux… mais doit demeurer réaliste pour vous. Parmi les actifs et les biens que vous possédez présentement, seront-ils suffisants pour combler vos besoins dans le futur? Aider aujourd’hui ne doit pas vous placer demain dans une position où vous aurez, à votre tour, besoin d’aide. C’est pourquoi un rendez-vous avec un membre de notre équipe peut réellement vous accompagner dans cette décision importante. Nous pourrons déterminer ensemble si une contribution est envisageable pour vous et, le cas échéant, de préciser le montant. 

 

 

3. Les principaux moyens d’aider à l’achat d’une première propriété 

 

  • Faire un don 

Vous pouvez faire un don en argent pour la mise de fonds d’une résidence principale ou secondaire. Cela signifie que vous n’attendez rien en retour, et donc, n’entraîne aucun réel impact fiscal. Toutefois, il est primordial de signer un document, de préférence notarié, qui indique toutes les informations du don (date, montant, lien avec l’individu) et confirme qu’il s’agit bien d’un don et non d’un prêt, surtout pour la portion non remboursée. 

 

  • Accordez un prêt 

 

En accordant un prêt à votre enfant, vous offrez un soutien financier à condition d’un remboursement. Évidemment, cela dépend des modalités auxquelles vous aurez mutuellement consenti. De plus, un prêt sans intérêt ou à un faible taux n’occasionne aucun effet fiscal. Néanmoins, si votre enfant achète un immeuble locatif, il pourrait y avoir un impact fiscal pour vous. Tout comme pour le don, la rédaction des documents nécessaires est une étape incontournable. 

 

  • Devenir co-emprunteur.se ou copropriétaire 

 

En cosignant son prêt hypothécaire, votre enfant pourrait devenir admissible à un prêt plus important et obtenir un meilleur taux d’intérêt. C’est un moyen de profiter de vos antécédents financiers sans avoir à dépenser votre argent. Cela étant dit, vous pourriez être tenu responsable si votre enfant n’est plus en mesure de rembourser le prêt hypothécaire. 

 

Si la mise de fonds est inférieure à 20%, le prêt hypothécaire doit être assuré. Vous deviendrez copropriétaire afin d’aider votre enfant. Les responsabilités seront plus grandes, car vous assumerez votre part des paiements hypothécaires et votre nom figurera sur le titre de propriété. Le fait de posséder deux résidences peut également avoir un impact fiscal lors de leur vente. 

 

 

4. L’assurance comme filet de sécurité 
  • Souscrire une assurance personnelle peut grandement faciliter la vie de vos enfants et de vos héritiers s’il vous arrive un évènement grave. Elle peut permettre le versement d’un montant unique, généralement à l’abri de l’impôt, qui pourrait servir à rembourser des dettes et à préserver la stabilité financière de la famille, notamment en couvrant un prêt hypothécaire. 

 

 

 

5. Tirer profits des régimes enregistrés : CELIAPP et RAP 

 

Vous pourriez cotiser au compte d’épargne libre d’impôt pour l’achat d’une première propriété (CELIAPP) de votre enfant.  Celui-ci permet au premier  acheteur de cotiser 8 000 $ par année, jusqu’à concurrence de 40 000$. De plus, les cotisations sont déductibles d’impôt et les rendements dans le compte ne sont pas imposables. Votre enfant en profite donc doublement ! Les retraits ne sont pas imposables à condition qu’ils servent à l’achat d’une première propriété. 

 

Vous pouvez aussi informer votre enfant de la possibilité du Régime d’accession à la propriété (RAP), qui permet de retirer un montant maximal de 60 000$ provenant d’un REER afin d’acheter ou de construire une première résidence. Ce retrait, tout comme le CELIAPP, n’est pas imposable. 

 

 

Que faut-il retenir ? 

Aider votre enfant est un geste gratifiant, mais il ne faut pas oublier les risques et les répercussions de cette décision. Par exemple, si votre enfant se sépare ou vit une situation financière plus difficile, l’impact peut retomber sur vos épaules.  

C’est pourquoi il faut en être conscient et en parler à son conseiller en sécurité financière afin de concevoir un plan clair et flexible qui protège votre argent.  

 

 

 

 

Sources : 

 

Articles similaires

Courtier hypothécaire ou conseiller bancaire : qui vous trouve VRAIMENT le meilleur prêt?

Vous êtes en plein magasinage pour une propriété. Rapidement, les mêmes questions reviennent: devez-vous passer par votre banque, parce que « c’est plus simple »? Ou devez-vous consulter un courtier...

Acheter une maison avec 20 % de mise de fonds

Acheter une maison avec 5 % de mise de fonds permet de devenir propriétaire plus rapidement, mais cette option vient avec des frais supplémentaires qui peuvent peser sur votre budget...

Assurance collective : comment bien protéger votre entreprise et ses employés

Dans un marché de l’emploi très concurrentiel, chaque avantage compte pour attirer et retenir les talents. Au Québec, historiquement, près de 80 % des PME de 50 employés et moins...